Je m'appelle Nour-eddine Khaldi. Je vis à Carpentras, dans le Vaucluse, et je gagne ma vie sur les routes de France. Je ne suis ni élu, ni militant d'un parti, ni diplômé en sciences politiques ou en économie. Je suis simplement quelqu'un qui se pose des questions — et qui en pose aux autres.
Ce texte ouvre le Journal de ce site. Je veux y dire, simplement, pourquoi j'ai écrit L'urne est morte ! Vive le ShadowVote !, ce que ce livre propose, et pourquoi j'ai décidé de le donner.
Une question toute simple
Tout est parti d'un geste banal. Un soir, j'ai suivi un colis sur mon téléphone, étape par étape, depuis l'autre bout du monde. Puis je me suis demandé : et mon bulletin de vote ? Celui que j'ai glissé dans l'urne au dernier scrutin, qu'est-il devenu ? A-t-il été compté ? Comment le savoir ?
La réponse est : tu ne peux pas le savoir. Ton argent, ton colis, ton dossier médical laissent une trace que tu peux consulter. Ton vote, lui, disparaît dans la boîte. Et c'est l'un des actes les plus importants de ta vie de citoyen.
Ce que j'ai découvert en cherchant
En creusant, j'ai appris des choses que je ne soupçonnais pas. Je veux les partager, parce qu'elles éclairent le problème sans l'exagérer.
- Le dépouillement est public. N'importe quel électeur peut y assister, et même compter les bulletins. Mais personne ne peut être présent dans plus d'un bureau à la fois : la France en comptait 69 242 lors de la présidentielle de 2022.
- Les bulletins valables sont détruits le soir même, en présence des électeurs. Seuls les bulletins blancs, nuls ou contestés sont joints au procès-verbal (article R. 68 du Code électoral). Si un doute apparaît le lendemain, un recomptage complet est presque toujours impossible.
- La fraude existe, mais elle reste rare. En 2022, le Conseil constitutionnel a relevé des irrégularités dans 45 bureaux de vote sur 69 242, et annulé 19 960 suffrages. Le système, dans son ensemble, fonctionne.
- La confiance, elle, ne fonctionne plus. Selon le baromètre du Cevipof publié en février 2026, 78 % des Français n'ont pas confiance dans la politique. C'est un record. Et aux municipales de mars 2026, 56 % des 18-24 ans ne sont pas allés voter au premier tour, selon un sondage Ipsos-BVA.
Voilà le cœur du problème. Ce livre ne dit pas que les élections sont truquées. Il dit qu'on ne peut pas les vérifier. Et qu'on ne rétablit pas la confiance de quelqu'un qui doute en lui répétant « fais-moi confiance ».
L'idée : un vote citoyen qui apporte la preuve
Le ShadowVote est une proposition. Le jour d'une élection, tu votes normalement dans l'urne. Et, si tu le souhaites, tu enregistres aussi ton choix sur un registre citoyen parallèle — une blockchain, c'est-à-dire un grand registre public, recopié des milliers de fois et très difficile à falsifier. Le soir, tu peux vérifier que ta voix y figure bien, et chacun peut comparer les deux résultats.
Si les résultats se rejoignent, la confiance en sort renforcée. S'ils s'écartent nettement, une question est posée publiquement, avec des chiffres, et elle mérite un examen sérieux — pas une accusation.
Je tiens à être honnête sur les limites. Le ShadowVote ne remplace pas l'urne et n'a aucune valeur légale. Il ne protège pas encore parfaitement le secret du vote face à toutes les pressions. Et surtout, la plateforme n'existe pas encore : aucune application, aucune pétition, aucune collecte d'argent n'est ouverte aujourd'hui. Méfie-toi de quiconque prétendrait le contraire. Le livre consacre des chapitres entiers à ces limites, parce qu'une idée qui cache ses faiblesses ne mérite pas qu'on la défende.
Pourquoi maintenant
La prochaine élection présidentielle aura lieu les 18 avril et 2 mai 2027. Le ShadowVote ne sera pas prêt pour elle : un outil de vote sérieux ne se construit, ne s'audite et ne se teste pas en quelques mois. Je l'écris noir sur blanc dans le livre.
Mais 2027 est un moment où le pays parlera de démocratie, de participation, de confiance. C'est le bon moment pour poser une question simple : pourquoi le citoyen ne peut-il pas vérifier son propre vote ? Et pour commencer à construire, calmement, un outil qui pourrait être prêt pour le cycle électoral suivant.
Pourquoi je te donne ce livre
J'ai choisi de mettre le livre entier en libre téléchargement, en PDF. Une idée qui veut changer les choses doit circuler librement. Et ce projet ne pourra exister que si d'autres s'en emparent : des développeurs pour coder la plateforme, des juristes pour vérifier son cadre légal, des chercheurs pour la critiquer, des citoyens pour en parler.
Et pour ceux qui préfèrent tenir un livre entre leurs mains, la version papier sera bientôt en vente sur Amazon. Sa sortie sera annoncée ici, dans le Journal.
Ce que tu peux faire dès aujourd'hui
- Lire le livre, gratuitement, et me dire ce que tu en penses — critiques comprises.
- Si tu préfères le papier : commander la version imprimée sur Amazon dès sa sortie, annoncée ici.
- Le partager à trois personnes autour de toi. C'est le défi du livre.
- Aux prochaines élections, aller assister au dépouillement de ton bureau de vote. C'est le premier geste de vérification, et il est à la portée de tous.
- Si tu es développeur, cryptographe, juriste ou chercheur : écris-moi. Tout reste à construire, en open source.
Ne crois plus, vérifie.
Nour-eddine Khaldi
Sources : Code électoral, article R. 68 ; Conseil constitutionnel, proclamation des résultats de l'élection présidentielle de 2022 ; Cevipof / OpinionWay, Baromètre de la confiance politique, vague 2026 ; Ipsos-BVA / CESI, enquête du 12 au 14 mars 2026 (sondage) ; dates de la présidentielle 2027 annoncées par le gouvernement en juillet 2026 (service-public.gouv.fr).